Les passions de Sylviane

Les passions de Sylviane

C'est lui qui m'a tué !

 

C’est lui qui m’a tué !

 
Mais qu’est ce que tu as fait Maman ?
Pendant que cet homme me courait après
Avec sa grande aiguille au bout des doigts
Que croyait-il ? Que j’allais avec lui, jouer à « chat »…
Pendant ma course je me suis arrêté un court instant
Le temps de te regarder, de te supplier Maman
Alors que de tes yeux exorbités, tes larmes coulaient
Que tes mains si douces étouffaient les cris de ta bouche.
Mais que faisais-tu au lieu de venir à mon secours ?
C’est lui qui t’a demandé de t’éloigner alors que tu voulais m’apaiser !
C’est par la force qu’il m’a attrapé, pendant que tu te sauvais paniquée.
Il m’a empoigné comme un vieux sac à patates et m’a cogné.
Par la force il a réussi à me piquer, sans que tu t’en aperçoives
Et fier de lui, il t’a dit : ça y est ! Mais ça y est quoi ?
Pardon Maman si ma peur a déclenché mes vomissements
Pardon si mes tripes ont sali ton sol. Je ne l’ai pas fait exprès !
Epuisé, je n’en pouvais plus de cette lutte acharnée.
Mais pas pour autant que je me suis endormi comme il le disait
Il le croyait le bêta, mais « la gourde » s’est trompé de produit
Et quand après cinq minutes de pause il a voulu m’enfourner dans la caisse
Prétextant que, soi-disant, je dormais … (odieux, honteux mensonge…)
Il m’a à nouveau empoigné. Je me suis débattu comme un tigre Maman !
Et j’entendais tes cris, tes hurlements sans te voir
Tu t’étais cachée Maman, mais moi je t’entendais…
Après notre combat, il a gagné la partie, j’étais dans la caisse !
Mais pas question de baisser « les pattes » … dans un dernier effort,
J’ai retourné la caisse restée entrouverte et me suis retrouvé la tête à l’envers
Le coussin sur le dos …et l’autre salaud qui allait fouiller partout
Pour revenir avec la grille du four pour l’aider à remettre la caisse à l’endroit
Sans que je puisse m’échapper … torturé moralement et physiquement,
J’ai souffert le martyre ! Que faisais-tu Maman, pendant que je souffrais ?
Je n’étais pas si malade que ça tu sais, Maman… juste une petite bronchite
Mais c’est lui qui m’a tué … Mon cœur a craqué à la suite de ce carnage !
J’ai senti mes poumons éclater, mon souffle se bloquer, l’air me manquer.
J’étais un chat craintif … Il le savait … Fallait juste me parler.
Il m’a emporté dans son labo, m’a rasé les poils du cou pour tirer mon sang,
M’a allongé comme une carpette et quand tu es venue me rechercher
Je savais que ma vie se terminait ; à mon arrivée, ma sœur m’a rejeté
Je devais sentir toutes les odeurs du labo que chaque animal déteste.
Alors, je me suis fait tout petit cherchant un petit coin tranquille
Et dans la nuit, tu m’as entendu crier, ma respiration était bruyante
Tu entendais comme un clapotis dans mon ventre et je ne pouvais bouger.
Tu as eu si mal pour moi, que tu as pris la décision de me faire euthanasier
Pour mettre fin à ma souffrance, pour mettre fin à la tienne aussi.
Quand on m’a emmené à la mort, un homme inconnu à la blouse verte
Qui me voyait pour la première fois, que je ne connaissais même pas
N’a pas cherché à comprendre et sans même m’ausculter,
Sans même me parler, m’a administré pas moins de quatre piqûres
Avant que mon cœur accepte enfin de cesser de battre …
Sais-tu ce qui s’est passé ? Sais-tu pourquoi je suis mort ?
Je suis mort de peur ! Celle qui m’a déclenché une (peut-être) embolie pulmonaire,
Par la faute de ce vétérinaire avec qui j’ai du me battre en rugissant de peur !
Il le sait lui ! Toi tu ne le sais pas !
Il n’a même pas eu le courage de te l’avouer…
Mais c’est lui qui m’a tué !

 


Les pensées de Fliper pour sa Maîtresse (01/08/2009)

 

 



05/10/2011
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